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1 - Statut politique
 L'Afrique du Sud dispose d'un système de gouvernement républicain à régime présidentiel.
L'Assemblée Nationale est constituée de 400 députés élus au suffrage universel.
Le président est élu pour 5 ans par l'Assemblée Nationale parmi ses membres.
Le Conseil Nationale des Provinces (90 membres - 10 par région) sont élus au suffrage indirect par les assemblées régionales.
Le gouvernement est élu par l'Assemblée.
Chaque parti disposant d'au moins 80 sièges désigne des présidents adjoints, chaque parti disposant d'au moins 20 sièges obtient un poste de ministre.

Le président actuel Thabo Mbeki a été élu le 16 juin 1999 pour succéder à Nelson Mandela.
Il est secondé par M Jacob Zuma, son vice-président.

Prétoria est le siège du gouvernement. Le Cap est le siège du Parlement.

Apercu historique
1652 : Arrivée des premiers colons hollandais, les Boers.
1795-1806 : Arrivée des premiers colons anglais.
1899-1902 : L’expansionnisme anglais provoque la guerre des Boers et aboutit à la victoire britannique.
1910 : Réunions des quatre provinces : Cap, Transvaal, Orange, Natal afin de créer l’Union Sud-Africaine. 1912 : Naissance de l’African National Congress (ANC) parti bantou, le premier parti d’opposition face aux mesures raciales.
1948 : Premières lois pour séparer les groupes « raciaux » . Le Dr Malan rassemble les Afrikaners au sein d’un parti nationaliste; il est élu premier ministre et érige en système les principes de l’apartheid.
1961 : Référendum et proclamation de la République.
1965 : Emprisonnement de Nelson Mandela, dirigeant noir de l’ANC.
1971 : Bantu Homelands Constitution Act qui accentue la politique de ségrégation .
1976 : Massacre à Soweto.
1978 : Pieter Botha au pouvoir.
1989 : Frédérik De Klerk élu Président de la République.
Il demande la libération de M.Mandela le 13 février 1990. Il a été le liquidateur de l'apartheid.
1990 : Libération de Nelson Mandela et renoncement de l’ANC à la lutte armée : démantèlement de l’apartheid.
1991 : Toutes les lois de l’apartheid sont abrogées.
1992 : Référendum au sein de la population blanche, le oui en faveur du partage du pouvoir politique avec les noirs l’emporte.
1993 : Prix Nobel de la paix à Nelson Mandela et Frédérik de Klerk. Le parlement met fin à l’apartheid.
1994 : Elections emportées par Nelson Mandela, avec Frédérik de Klerk, deuxième vice-président.
1995 : Elections municipales remportées par l’ANC
8 mai 1996 : Adoption d’un nouvelle constitution, mise en vigueur progressive de 1997 à 1999.

2 - Situation Géographique

Grande comme deux fois et demi la France, l'Afrique du Sud s'étend sur 1.227.200 km². 
Elle occupe toute la pointe méridionale du continent africain, avec deux façades côtières, réparties entre l'océan Atlantique et l'océan Indien.
Elle est divisée en 9 régions.
Géographiquement, l'Afrique du Sud se présente comme un gigantesque haut plateau (Highveld) doté d'une chaîne montagneuse.
On y trouve à l'est le Drakensberg (chaîne d'une altitude de 3650 m) et le Lesotho.
Jusqu'au Nord-Ouest du désert de Kalahari, du Cap à Durban, se trouve les plaines côtières, qui forment un cercle jusqu'au Nord, avec le Mozambique.
L'extrémité du Nord-Est est envahie par des lagunes côtières et des marécages.
Parmi les fleuves se jetant dans l'Atlantique, le plus important est l'Orange, qui prend son embouchure dans le Lesotho (1860 km), et qui traverse une grande partie du pays.
Fleuve, forêt tropicale, et plateau de savane dominent la steppe. On y trouve des plantes grasses et une végétation à feuillage important, ainsi que des réserves naturelles, des lacs et de belles plages de sable.
L’Afrique du Sud s’ouvre sur la mer par deux fronts côtiers qui se rejoignent au Cap de Bonne Espérance. Les côtes sont longues de 872 kms sur l'Océan Atlantique et 2082 km sur l'Océan Indien. Au large, est située l'île Marion dans l'Océan Indien, et l’Île du Prince Édouard, à 20 km de celle-ci.
Les 4 provinces:
- Le Cap, avec 641.379 kilomètres carrés.
- Le Natal avec 91.355 km².
- Le Transvaal avec 262.499 km².
- Orange avec 121.000 km².

3 - Economie
 Avec un produit intérieur brut de l'ordre de 136 milliards de dollars, l'Afrique du Sud est le pays
le plus riche du continent africain.

L'économie sud-africaine doit faire face au problème causé par l'exclusion du peuple noir dans les affaires du pays pendant plus d'un siècle.

La reprise des cours des matières premières minérales et un regain de la consommation domestique paraissent assurer à l'Afrique du Sud le retour à une croissance relativement confortable, même si les inondations du début de l'année 2000 en ont ralenti le rythme initial. La stabilité du rand a ajouté à cette confiance retrouvée. Le gouvernement est parvenu à réduire son déficit budgétaire et à maîtriser l'inflation, mais le pays manque de moyens pour financer son développement.

Cette amélioration conjoncturelle ne saurait cependant masquer de graves problèmes structurels d'ordre social.
Il s'agit en premier lieu des tensions nées d'un taux de chômage élevé ( de 30 à 40%) et très inégalement réparti : la communauté noire paie encore le prix de son éviction du système scolaire pendant l'apartheid. Les insuffisances du système éducatif associées à un récent movement de fuite des cerveaux créent une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée. (Les services de l'émigration font état de 82.000 départs de 1989 à 1997, mais les estimations plus réalistes s'évaluent à quelques 233.000).) Le niveau élevé du chômage nourrit une insécurité récurrente qui dissuade les investissements étrangers et limite le développement du tourisme.

Cependant, le niveau de développement du pays est sans égal au regard de celui du reste du continent.

La récente reconduction de l'ANC au pouvoir avec une confortable majorité a contribué à rassurer les milieux d'affaires. Le gouvernement va désormais devoir relever le défi de poursuivre les réformes de libéralisation économique nécessaires à une relance des investissements directs étrangers, en évitant d'exacerber les tensions sociales susceptibles de devenir explosives.

Le problème le plus grave réside dans la dramatique épidémie de Sida qui toucherait déjà 10% de la population et la part de la population active contaminée pourrait s'élever à 33% en 2006.

Le potentiel de consommation de la population est très important, mais son développement dépendra du rythme de constitution d'une class moyenne noire solvable, limité à l'heure actuelle par un chômage élevé.

Au cours des années 1980, plus de sept cents sociétés étrangères ont quitté l’Afrique du Sud, mais depuis 1992, avec la nouvelle politique économique 1500 s’y sont installées en investissant de 1994 à 1998 5,25 milliards de dollars : 33 % provenant d’Asie, 28 % des USA, 16 % de Grande Bretagne, 15 % d’Europe, 8 % du Japon. (La France apparait au 4 éme rang des investisseurs.)


Statistiques économiques

1997
1998
1999
2000

croissance économique (%)

2,5
0,5
0,8
3

inflation (%)

8,6
6,9
6,0
4,5

solde public/PIB (%)

-4,0
-3,5
-3,0
-3,5

exportations (milliards $)

31,2
29,1
30,3
33,4

importations (milliards $)

28,9
27,3
27,3
30,8

balance commerciale (milliards $)

2,3
1,8
3,0
2,6

balance courant/PIB (%)

-1,2
-1,3
-0,3
-1,3

dette extérieure (milliards $)

14,5
14,8
13,7
12,5


Renseignements généraux

PNB global 1999

124,02 millards $

PNB par habitant

2940 dollars

Parité pouvoir d'achat (PPA)

5800 dollars

Croissance PNB 1990-1997

-0,2% par tête par an

Ménages avec PPA +$30000pa

875 000 = 11%

Ménages avec PPA +$15000pa

2 540 000 = 32%

Ménages avec PPA -$5000 pa

2 380 000 = 30%

Aide 1998

1,48 milliards $

Investiss.étrangers 1999

1,38 milliards $

Recettes touristiques 1998

2,738 milliards $


 

La répartition de l'activité économique des différents secteurs :

agriculture, forêts et pêche : 4,5%
mines : 7,8%
secteur primaire : 12,3%
secteur secondaire : 30,8%
secteur tertiaire : 56,9%

La répartition du PIB par secteurs d'activité :

agriculture : 4%
industrie : 18,9%
mines : 12,8%
services : 64,3%

Les autorités sud-africaines s'appuient sur plusieurs instruments afin de favoriser la venue d'investisseurs étrangers. Les Spatial Development Initiatives (SDI) et les Industrial Development Zones (IDZ) reposent sur des mécanismes d'exonération fiscale et de franchise douanière appliquées dans des zones de développement considérées comme prioritaires.
Le succès de ces zones demeure cependant mitigé et le gouvernement cherche actuellement à favoriser les investissements directs étrangers par l'acclération du procesus de privatisation et la mise en place de partenariats entre le secteur public et privé.
Les investissements étrangers jouissent en Afrique du Sud d'une sécurité juridique semblable à celle existant dans les pays industrialisés.

Les investisseurs, découragés par la corruption et la pénurie de main d'oeuvre qualifiée ne se bousculent pas à la porte. Les investissements directs étrangers ont reculé de 43% l'année dernière, tombant à 3,6 milliards de francs contre 6,3 milliards en 1999.

LE COMMERCE EXTERIEUR:

La législation douanière devrait prochainement connaître d'importants bouleversements. Afin de se mettre en conformité avec les normes définiés par l'OMC, de substantielles réductions de tarifs douaniers ont été opérées depuis cinq ans.

Au terme de l'accord de libre-échange signé avec l'Union européenne, en octobre 1999, ce sont 86% des produits importés en provenance de l'Union qui devraient être exonérés de droits de douane.

Le commerce extérieur est celui d’un pays en voie de développement.

- Les importations sont principalement des biens d’équipement professionnels et des produits finis.
- Les exportations sont essentiellement constutuées de matières premières et de produits de première transformation.
Les échanges de l’Afrique du Sud avec l’étranger sont tournés vers les pays industrialisés.

Ces échanges avec l’Europe, les Etats-Unis, le Japon représentent 44% des exportations et 69% des importations tandis que l’Afrique ne compte que pour 9% de ses exportations et 3% de ses importations.

4 - Agriculture
Agriculture

(en millions de tonnes, têtes, m³ pour le bois)

Production

1996
1997
1998
1999
Rang

Millet

0,013
0,013
0,012
0,011

bois

32,376
33,171
33,171
-
19

blé

2,712
2,429
1,788
1,500

canne à sucre

20,951
22,155
22,930
22,124
13

coton

0,040
0,025
0,034
-

maïs

10,171
10,136
7,693
7,008
13

orange

0,890
0,962
0,993
0,980
11

orge

0,176
0,182
0,146
0,140

pomme de terre

1,592
1,579
1,552
1,645
28

riz

0,003
0,003
0,003
0,003

thé

0,009
0,008
0,009
0,011
19

vin

0,845
0,811
0,770
0,878
6

bovins

13,389
13,667
13,772
13,565
19

ovins

28,934
29,187
29,345
28,680
10

porcins

1,603
1,617
1,641
1,531

pêche

0,439
0,514
-
-
29

L'agriculture ne pèse pas lourde dans l'économie sud-africaine, 4,5% du PIB, mais son importance sociale reste considérable : le population du pays est toujours rurale pour 50%.

 

Les événements sanglants survenus il y a un an au Zimbabwe ont montré l'urgence de la réforme agraire. Les Noirs ont en effet été expropriés par milliers de leurs terres durant le regime de l'apartheid quand les autorités sud-africaines n'octroyaient que 13% des terres aux populations noires. Ils sont aujourd'hui 55.000 fermiers blancs à posséder la quasi-totalité des terres cultivées. Les invasions de fermes sont rares, mais les actes de violence n'ont cessé de se multiplier. En 1999 les autorités sont recensé 816 attaques criminelles et 138 meurtres, les propriétaires terriens se barricadent. Ces attaques ont peut être pour but de contraindre les fermiers à partager ou à quitter leurs terres ou sont peut être des actes de vengeance en souvenir des mauvais traitments d'autrefois.

Inquiètes de cette violence dans les campagnes, les autorités ont promis d'accélérer le mouvement de la réforme agraire. Malgré le programme prévu de restitutions et de distribution de terres, moins de 1% de la surface arable a changé de mains depuis 1994.

On exporte des quantités importantes de vin, de laine et d'orange. La production nationale du vin fait vivre 350.000 personnes et dégage 1,5 milliard de rands de revenus. L'Afrique du Sud est le 6e producteur mondial. La proportion de vins certifiés a doublé entre 1993 et 1999, et les exportations ont plus que quintuplé, jusqu'à représenter 22% de la production totale. L'Europe est le premier client, achetant plus des trois quarts des exportations sud-africaines de vin.
Les investisseurs étrangers ont commencé à s'intéresser au potentiel viticole de l'Afrique du Sud. Ils représentent environ 5% de la production.

 5 - Industrie
 Les régions sud-africaines riches en minerais sont les plus grandes et les plus diverses du monde. Le pays dispose en effet d'une part très substantielle des réserves mondiales de platine (90%), de manganèse (81%), de chrome (68%) et de vanadium (45%).
Le secteur fait vivre 5 millions de personnes, occupe 3,8% de la population active, contribue 8% au revenu national et 42% aux exportations du pays.

L’or est la première richesse minière du pays. Il représente plus d’un quart des exportations et 24% de la production mondiale.

Le groupe sud-africain De Beers contrôle l'essentiel des ressources en diamant de la planète.Les ventes sont en pleine expansion, passant de 3,6 milliards de dollars en 1998 à 5,5 milliards de dollars en 1999 (+52%) et sur les six premiers mois de 2000 le groupe a annoncé que la recette de ses ventes de diamants bruts a atteint 3,5 milliards de dollars, contre 2,45 milliards au premier semestre 1999, en hausse de 44%.
Près de 35 millions de carats de diamants par an sont extraits, soit 7 tonnes de pierres précieuses. Neuf mines sont situées en Afrique du Sud.

Les formations du Witwatersrand sont réputées pour l’or mais aussi pour la production d’argent, de cobalt et d’uranium.
Le platine, le chrome et le vanadium sont extrés des roches ignées du Bushved.
Dans le Transvaal et dans le Nord de la province sont exploités le cuivre, l’amiante, le manganèse, le nickel, le phosphate, la silice, le zinc et le zirconium.

A défaut de pétrole, l’Afrique du Sud est riche en gisements de charbon qui couvrent plus de 80% de ses besoins. Son coût d'extraction est le plus faible du monde
Le pays est riche aussi en gaz naturel et en uranium.

Le secteur minier a vu ses revenus affectés par la baisse des cours mondiaux en 1998 et 1999, mais l'inversion de la tendance l'a relancé en 2000.

Mines

(en millions de tonnes, uranium, or et argent en tonnes, diamant en milliers de carats)

Production

1999

Rang mondial

argent

164
15

charbon

210,592
5

cuivre

0,149
10

diamant

4380 (1997)
4

fer

32,961 (1997)
9

gaz naturel

1,4
-

lignite

17,908
18

nickel

0,038
9

or

408
1

phosphates

3,000
8

plomb

0,097
7

uranium

962 (1998)
9

 

 L'Afrique du Sud a le seul secteur industriel diversifié d'Afrique subsaharienne, essentiellement tourné vers le marché domestique. Ses principales branches sont l'automobile, la chimie et le textile. L'industrie automobile est en plein croissance avec un chiffre d'affaires de 35 milliards de francs. Pots d'échappement, roues, sièges en cuir et autres pièces détachées, mais également véhicules assemblés trouvent d'importants débouchés à l'étranger. Les exportations de véhicules assemblés ont doublé au cours des deux dernières années, elles représentent le quart de la production nationale (355.000 véhicules par an) et 4% des exportations totales du pays. 

Le pays s'est lancé dans la construction de centrales nucléaires (Koeberg). De grands barrages et complexes hydrauliques sont situés sur le fleuve Orange, au Lesotho, le barrage des Highlands, et dans le Vaal, le Karika. En 1997 on notait une production d’électricité de 207,744 milliards de kWh.